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 FICTION : PostMortem

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YuuWaku
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MessageSujet: FICTION : PostMortem   Mar 17 Juin - 22:14

Voilà, je réédite complètement le début de cette histoire. Même scénario, mais réécrit.


Ce message servira à ajouter les nouveautés ^^
Donc, éditions :



1 - 16 octobre 2007 : réécriture du prologue qui devient le chapitre 0 (soit le 'pilote')

2 - ...

A suivre

_________________


Pensée de la semaine : Comment on fait pour mettre une barre oblique en italique ?!
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YuuWaku
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MessageSujet: Re: FICTION : PostMortem   Mar 17 Juin - 22:15

***

Chapitre 0

***



L'encadrement vermoulue de la fenêtre fit en sorte que je dus la pousser violemment pour l'ouvrir. Le froid vint me mordre le visage tandis que, à la vue du soleil, mon rossignol poussa quelques notes qui me ravirent. Je respirai au maximum l'air frais matinal de ma chère Angleterre avant de m'asseoir sur ma ridicule chaise bancale.

Face à mon bureau endormi depuis des semaines, je poussai un long soupir en regardant les ouvrages qui y étaient posés. Puis, d'un geste sec, j'ôtai la poussière qui donnait une teinte grisâtre à la couverture de ma vieille encyclopédie de médecine. J’ouvris cette dernière comme avec précaution. Baissant légèrement le menton, je pus examiner le croquis d'un appareil digestif. Au fil des traits épais, mon imagination s'amusa à rendre l'image réelle. Je commençai à me représenter les couleurs et les reliefs, et je fus saisi d'un certain dégout. Je refermai l'ouvrage en levant les yeux au ciel.

Comment diable avais-je pu en arriver là ? A mon arrivée, mon cœur gonflé d’espoir m’avait pourtant promis toutes les possibilités et le plus bel avenir dont un gamin comme moi pouvait attendre de la vie. Il me suffisait d’obtenir mon diplôme, de me trouver une place dans un bon hôpital …

Soudain, des coups sourds me sortirent d'une torpeur qui me gagnait. Je me retournai et me rendit compte que quelqu'un frappait vivement à la porte. Je m'empressais d'aller ouvrir.

A mon seuil, un jeune garçon, tout sourire, nu pieds et figure salie, me demanda d'une voix aiguë et énergique :

"Neil Whitebir ?"

- C'est WhitebirD." L'informai-je en soulignant le D.

"Bien l'pardon mon bon monsieur. Voici une lettre pour vous, l'concierge m'a donné deux sous pour vous l'apporter ! Deux sous ! Il paraît qu'il vous voit pas souvent !"

Je le scrutai de mon habituel regard arrogant que ma défunte mère me reprochait tant.

"En as-tu fini ? Peut être qu'il est dans ton intention de me conter ta vie afin que j'ai pitié de toi !"

Le visage de l'enfant sembla se parer d'une sorte de petite moue, et je lui fermai la porte au nez. Je n’accordais que très peu d’importance aux relations humaines, et encore moins vis-à-vis des personnes qui ne m’apporteraient aucune évolution personnelle. Car à cette époque, les seules évolutions que j’envisageais étaient l’élévation financière, sociale ou intellectuelle. Je ne voyais pas plus loin que mon propre petit confort, même si ces temps-là m’éloignaient beaucoup de ce but. Et cette enveloppe sonnait mon glas.

J'allai me rasseoir à ce qui me servait de bureau. Elle fut promptement ouverte, et la raison de la lettre encore plus rapidement su. Mon regard la parcourut à peine, frôlant seulement les passages les plus significatifs...

"Cher Mister Whitebird,

Face à vos désobéissances répétées, vous me voyez contraint de mettre un terme à vos fonctions dans notre hôpital."

La signature enflamma mon esprit.

"Johnson.." marmonnai-je.

Je le savais avant même la missive, cet homme m’ayant averti quelques jours plus tôt. Il me haïssait. Malheureusement, concernant mon renvoi, il avait des arguments raisonnablement valables. Mais ne nous attardons pas sur cet homme vil.

L'Hôpital du Saint Cœur ne me reverrait plus que comme visiteur... ou patient. L’établissement m'avait accueilli après quelques années passées dans les livres à apprendre cet art difficile et complexe qu'était la médecine. M'inculquer leurs expériences afin que je devienne l'un des leurs était le but de ses nombreux hommes de science. Pourtant, l'un d'entre eux avait de bien différents projets, et le voilà qui se vengeait.

Je ne peux décrire la rage qui me possédait tant elle était intense. Je me souviens m'être allongé sur mon lit afin de me détendre et de chasser ses mauvaises pensées.

Lors de mon réveil, le soleil rougeoyant embrasait le ciel. J'allai fermer avec peine la fenêtre, pris ma veste, et mis quelques sous dans mes poches. Je sifflai un peu avant de sortir, comme pour dire au revoir à mon oiseau qui me répondit alors que la porte se refermait.

Etrangement, les rues étaient bondées, les bars pleins, les demeures éclatantes de lumière et les gens déjà saouls alors que le soleil n'était pas encore couché. Je me souvins alors que nous étions en l'an 1900. Quelques gens sortaient, et pour s'amuser, et pour remercier le ciel d'être encore en vie pour ce nouveau siècle.

Je décidai alors de passer par une rue déserte. Un vent glacé me darda la peau, et je remontai mon vieux faux-col glacé. Un cheval de brume galopait sur les pavés glacés et crasseux. J'avais déjà décidé où me rendre : La Demoiselle Rouge, un bar où se réunissait la plupart des catins de la ville. Cela me changerait un peu les idées.

A peine le seuil passé, je sentis que l'atmosphère était différente. Une drôle de foule peuplait les lieux. A votre gauche, des hommes vulgaires à l’haleine et aux gestes très parlants. A votre droite, des femmes toutes gorges à l'air harponnant des dandys en manque de chaleur féminine. Sans oublier, les policiers qui prenaient une pause... Au milieu de cette affluence malsaine, accoudés au bar, deux hommes forts élégants discutaient. A leurs côtés, le vide, comme si l'on avait voulu ne point les bousculer, leur laisser un petit espace bien à eux. Autour de cet endroit réduit, les gens s'entassaient les uns sur les autres. Et cela était naturel.

Ces deux gentlemen ne semblaient en rien intéressés par leur voisinage direct. Sous leurs mains parfumées se tenaient un seul verre à moitié plein par chacun d’entre eux. Leurs regards n’allaient même pas du côté des femmes. Là ni pour l’alcool, ni pour les dames, mais alors pourquoi ?! Cependant, je paraissais être le seul homme intrigué par cette scène à ce que j’en voyais. Toute la salle continuait sa petite vie joyeuse sans y prêtait attention. Il n’y avait peut être pas de quoi être si étonné de cette petite tache courtoise dans le cadre disgracieux de la Demoiselle Rouge.

Je m'assis à une table assez proche d'eux, et, sans même en prendre conscience, tout en cherchant une fille sympathique des yeux, je me mis à les observer.

L'un semblait à son aise. Ses cheveux bruns à peine peignés lui donnaient un air de révolutionnaire. Un sourire toujours accroché à ses lèvres effaçait presque son regard froid et noir comme l’était à présent la nuit à l'extérieur. L'autre avait de longues mèches blondes qui lui tombaient difficilement sur les épaules, attachées négligemment par un fin ruban noir. Il avait le sourire plus rare que le premier. Il était apparemment plus jeune, mais aussi plus sérieux. De là où je me trouvais, j'avais peine à apercevoir son regard.

Alors qu’un ivrogne en frappait un autre, je commandais un verre dans lequel je plongeai ensuite mon intention. L’aura même qui se dégageait de celui-ci m’assurait une exquise chaleur qui adoucirait mon gosier irrité. A la première gorgée, tout regret d’avoir quitté ma chambre -quelque peu chauffée par la chaudière centrale- s’envola. Une femme m'aguicha, mais elle ne me plaisait nullement : ses cheveux grisonnant et sa peau ravinée me repoussaient.

Je ne fis plus attention à mon entourage, et remarquai à peine les deux hommes qui virent s'installer à ma table.

"Pouvons-nous vous tenir compagnie ?" me demanda le blond.

Surpris, je ne pus qu'hocher la tête en guise de réponse.

"Vous allez sans doute rire de moi," commença le brun tout en s'asseyant. "mais j'avais pour impression que vous nous scrutiez en entrant, mon ami et moi."

- Vous ne vous trompez pas, et j'avouerai que vous m'intriguiez. Mais de là à dire que je vous scrutais..."

Je pus constater qu'un vert pâle teintait les yeux du blond. Ce dernier m'adressa un sourire pendant que son ami riait à gorge déployée. En effet, comme j’avais pu le constater, le brun aux airs de mutin s’avérait beaucoup plus extraverti et décontracté que son camarade.

L’enjoué les présenta ensuite :

"Jon Blake. Et mon compagnon de verres et de discussions que voici se nomme Mark Rockwell. Un jeune médecin !

- Belle coïncidence ! Je viens de terminer mes études de médecine. Mon nom est Neil Whitebird."

Je reprenais confiance vis à vis de mes interlocuteurs et tendit une main chalereuse qu'ils se hâtèrent de serrer avec fermeté.

"Magnifique ! Pourrions-nous discuter tissus musculaires ensemble ? En effet, Jon est écrivain, et peintre à ses heures." M'informa Mark, le blond, d'une douce voix.

"Insinuerais-tu que mon esprit est étroit ?

- Non, tes opinions le sont !"

S'en suivirent un second rire de Jon et une conversation des plus plaisantes.

Je dois avouer que me retrouver parmi ces deux individus m’emplit d’une sorte de frénésie et de satisfaction. J’appréciais particulièrement ce genre de rencontres pleines de surprise qui vous portaient sur un horizon différent, qui plus est, faites dans des endroits tout à fait insolites et insoupçonnés. Voilà bien plus qu’en connaîtront jamais les pauvres malheureux de ce bar. Après tout, je comprenais Jon et Mark d’avoir préféré se joindre à moi : j’étais seul, et je valais beaucoup mieux que ceux là, vendant leur honneur pour quelques plaisirs éphémères.

Mais au fond, n’étais-je pas moi-même venu pour cela ? A cette époque, j’étais à mille lieux de ce genre de raisonnement pourtant beaucoup plus juste. L’altruisme ne me connaissait pas, et je changeais de trottoir quand je le croisais dans la rue.

Les jours succédèrent aux jours, et le trio que nous formions ne se brisait jamais. Nous nous promenions ou prenions souvent un café ensemble, parlant de nos avis communs et projetant divers voyages que nous ne réaliserions probablement jamais. Nous vagabondions même la nuit, nous prenant pour des êtres de la nuit en imaginant ce que nous pourrions changer en ce monde.

Mais plus le temps passait, plus je me sentais faible aux côtés de ces deux singularités. Je me détestais de ne plus être capable de les suivre dans leurs folies, de par mon insignifiance et ma pauvreté. Ma vie sombrait dans une faillite financière et psychologique avant même leur arrivée. Bientôt, je compris qu’ils m’en protégeraient quand ils me proposèrent d'abandonner le taudis qui me servait de logis pour les rejoindre dans leur grand appartement d'Oxford. Comme si mon destin se calculait par avance. Bien sûr, j’acceptai avec joie. Sans savoir que je m’engageai pour bien plus qu’une cohabitation salvatrice.

C'est alors que commence véritablement cette histoire.

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